Vous rendre le sourire
Je ne vous suivais pas, non. Vous filiez votre gêne, quand de dos j'allais de l'avant et sans vouloir vous doubler je vous l'assure je croisais mon chemin. Mais à vos épaules peu fières, à votre allure en peine, je devinais chez vous cette langueur qui gaine.
Le vent discret portait votre parfum. J'ai reconnu le vent. Il sentait le bouquet de l'oubli... un vent qui tourne un peu comme un tourbillon.
Je ne vous suivais pas, non. Vous regardiez devant, je regardais derrière, et sans vouloir voler vos airs je vous l'assure, je les prenais au vol. Malgré votre masque de cuir et votre manteau de cire, je percevais chez vous ce vernis qui préserve.
Le sol discret portait votre parfum. J'ai reconnu le sol. Il sentait le flacon des déboires. C'était le sol qui dérobe, le trottoir du repentir.
Vous savez quoi ? Comme je traversais sereine, vous avez égaré en chagrin, Monsieur, un précieux présent... et moi j'aurais aimé, allante, vous rendre le sourire.

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