Une restauration éclairée
Parfois la douleur me coupe le souffle... je me plie, replie, comme si me rendre compacte, tassée, dense, allait m'aider à survivre, à revivre.
Et quand mon corps contracté se déroule, redevient silhouette, quand il grandit pour s'oxygéner, se régénérer, alors j'existe à nouveau et les autres me font cadeau de leurs mots, de leurs regards. Ils me redonnent mon identité, celle qui compte car ils m'aiment telle que je suis, tandis que d'autres, sans me voir vraiment alimentent leurs propres chimères.
Enfin mes larmes, hier gênantes et désobéissantes ont lénifié mes souffrances. Elles se tarissent.
Je ne me projette plus sur des ruines, à la place des pierres cassées, bientôt se verra une restauration soignée : des pierres, du bois, du verre, de la couleur...
La casse est finie, je reconstruis....

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